Présentation

  • : Survie Midi Pyrénées
  • : SURVIE est une association (loi 1901) qui poursuit 3 objectifs : La réforme de la politique française de coopération : Survie milite pour le démantèlement de la « Françafrique » et pour l'établissement de relations franco-africaines équitables, transparentes et démocratiques. La lutte contre l'impunité et la banalisation du génocide. La promotion des biens publics mondiaux : Survie milite en faveur de l'accès de tous, au Nord comme au Sud, aux biens publics.
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Vous pouvez également téléchargez directement le catalogue :

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Festival Africajarc du 24 au 27 Juillet 2008

Des concerts, des conférences, des débats, un village associatif...
et puis un stand de Survie Midi Pyrénées...


Programme musical

vendredi 25 juillet
la Cie punta negra
Manu Dibango
papa noel


samedi 26 juillet
jean racine
Tiken Jah Fakoly
jimmy oihid


dimanche 27 juillet
Gabriela Mendes
Dobet Gnahore
Adan et Kayi

Programme complet sur :http://www.africajarc.com/

22 au 26 août 2008


Université citoyenne d’Attac à Toulouse


Survie est un des membres fondateurs d'ATTAC en 1998, et inspire un certain nombre d'ateliers proposés cette année lors de l'université d'été, en particulier autour des biens publics à l'échelle mondiale (D. Benamrane, F. Lille). Nous serons aussi présents par une table de presse sur le site... 


La neuvième édition de l'université se tiendra à Toulouse, Université du Mirail. A l’occasion des 10 ans d’Attac, nous aurons le plaisir de nous rassembler du 22 au 26 août autour du thème « l’altermondialisme aujourd’hui » mais aussi de partager une soirée festive et militante le 22 août au soir au Bikini de Ramonville St Agne.

L’une des nouveautés de cette année s’intitule « l’altermondialisme, héritier des mouvements sociaux » ; elle sera, entre autres, composée de films, d’archives et de documentaires. Bref, beaucoup de surprises à venir pour ce grand moment d’éducation populaire ! Réservez d’ores et déjà vos vacances !

 


 

 

  • Filière 1 : L’altermondialisme, héritier des mouvements sociaux
  • Filière 2 : Des bien publics mondiaux pour un autre monde
  • Filière 3 : Pensées critiques et enjeux altermondialistes
  • Filière 4 : Contre les inégalités, des espaces de résistances
  • Filière 5 : Nouvelles phases du capitalisme, du néolibéralisme
  • Filière 6 : Ecologie et société
  • Filière 7 : Quelle autre Europe ?
  • Filière 8 : La démocratie sous toutes ses formes
  • Filière 9 : Enjeux Internationaux
  • Filière 10 : Fondements et approfondissements


Plénières :

  • samedi 23 - 14h00-16h30 : les crises (financière, écologique, alimentaire, sociale)
  • dimanche 24 - 14h00-16h30 : l’altermondialisme (I)
  • lundi 25 - 14h00-16h30 : l’altermondialisme (II)
  • mardi 26 - 14h00-16h30 : les campagnes de la rentrée


Programme et infos sur : http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1065

24 au 30 août 2008 - Ouagadougou - Burkina Faso

Etrange Rencontre de la jeunesse Europe-Afrique

 

 

 

L’Etrange rencontre est une rencontre pas comme les autres, un forum social autogéré en Afrique, réunissant pendant 6 jours la jeunesse consciente des deux continents, et même au delà.... Une rencontre d’acteurs militants associatifs d’Europe et d’Afrique en luttes, en résistances, à la recherche d’alternatives pour un autre monde possible.


Une rencontre pour échanger, créer des dynamiques communes autour de trois axes : "Jeunesse, et monde universitaire", "Usages militants des Nouvelles technologies" (Internet et Radios) et "Lutte contre la pauvreté et construction d’alternatives".


Après une première édition au Bénin en août 2007, portée et construite autour d’un noyau dur informel de militants africains et français, qui se sont connus en Afrique au cours de forums sociaux et contre-sommets, la seconde édition, du 24 au 30 aout 2008 à Ouagadougou, devrait voir s’élargir la dynamique dans un contexte burkinabè très intéressant sur le plan politique avec une forte mobilisation de la société civile, autour d’une nouvelle plateforme revendicative contre la vie chère...


Renseignements, participation, toutes les informations sur : http://www.etrangerencontre.org

16 juillet 2008. Communiqué de Survie


REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO. La RDC doit-elle seulement nous rapporter ?  [1]


 

Dans les relations avec la République Démocratique du Congo, il ne faut pas oublier la question essentielle d’une population livrée sans défense à l’impuissance gouvernementale et aux exactions des armées ethniques, pour ne s’occuper que des liens d’affaires comme seul horizon politique.


Aujourd’hui 16 juillet 2008, le président de la République française Nicolas Sarkozy, reçoit en visite d’Etat le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila.


A cette occasion, Survie tient à rappeler à la situation précaire que vit l’immense majorité des soixante trois millions d’habitants de ce pays et celle, particulièrement insupportable au regard des droits de l’Homme, que subissent ceux des provinces du Nord et du Sud Kivu. Depuis cinquante ans jusqu’à maintenant, le sort du Congo a été voué au chaos, à la dictature, aux guerres ethniques, en même temps qu’au pillage de ses richesses qui était la cause principale de ses maux.


Les Congolais ont payé un prix exorbitant, en nombre de victimes, en paupérisation, pour l’enchaînement qui les a menés de l’odieuse dictature de Mobutu aux guerres civiles qui depuis quinze ans sont la conséquence du génocide perpétré au Rwanda voisin.


L’assassinat de Laurent Désiré Kabila, tombeur de Mobutu, jamais élucidé mais pour lequel des inculpés ont été condamnés sans preuves, dont plusieurs sont toujours détenus dans des conditions inhumaines [2], l’arrivée au pouvoir de son fils Joseph Kabila, sous l’égide des puissances occidentales, qui n’a guère amélioré le sort des populations, marquent les épisodes de la rivalité des appétits des puissances locales et mondiales à l’égard de l’exploitation des richesses du Congo.


Nous demandons que cette course aux richesses du Congo ne se fasse pas sur le dos des populations, dans l’indifférence hypocrite de la communauté internationale à l’égard des innombrables victimes qui aujourd’hui encore payent le prix du cynisme des grandes puissances. Avant de se préoccuper de savoir qui aura accès au grand bradage des ressources congolaises, le devoir des Etats qui prétendent se fonder sur le respect des droits de l’Homme est de se préoccuper en priorité de la sécurité des Congolais et du respect de leurs droits selon les conventions fondant l’existence de l’ONU et des organismes chargés de poursuivre les crimes contre l’humanité.


Nicolas Sarkozy représentant à la fois les intérêts de la France et de l’Europe, en restera-t-il aux ambitions coloniales au mépris des enjeux de civilisation ?


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[1] Selon le mot de M. Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération

[2] L’attention des autorités de Kinshasa et de la communauté internationale a été à plusieurs reprises attirée sur le sort de ces détenus, en vain

11 juillet 2008.


Prolongation des travaux de la Mission d’information parlementaire sur les relations France-Afrique : un sursaut salutaire qui doit se confirmer. Communiqué du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Survie, Secours catholique, Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Antenne France), Mouvement de la Paix, Peuples solidaires



Le Rapport de la mission d’information parlementaire sur la politique de la France en Afrique qui devait être rendu public le mercredi 9 juillet n’a pas été validé par les députés, qui ont décidé de prolonger les travaux de la mission de 6 mois. Cette décision est le résultat du caractère parcellaire et « orienté » d’un rapport qui aborde la relation France-Afrique quasi-exclusivement sous l’angle économique et occulte les aspects politiques ou militaires de la politique de la France sur le continent.


En tant que membres de la plate-forme citoyenne France - Afrique, nos associations se félicitent que les relations entre la France et l’Afrique suscitent un vif débat parlementaire jusqu’au sein même de la majorité. Ceci montre également que la stratégie exclusive de défense des intérêts commerciaux français prônée par le Secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, ne fait pas l’unanimité.


Dès la création en septembre 2007 de cette mission d’information sur les relations franco-africaines, la Plateforme citoyenne France-Afrique [1] a accueilli avec satisfaction le fait que le Parlement s’empare du sujet. Une première sous la Vème République, même si les réserves étaient de mise quant aux pouvoirs limités dont dispose une mission d’information parlementaire.


A la lecture du rapport soumis au vote le mercredi 9 juillet, force est de constater que l’ambition de promouvoir la démocratie et les droits de l’Homme (que la Plate-forme citoyenne France - Afrique a défendue lors de son audition devant la mission en avril [2]), risquait de céder définitivement la place à la protection de l’influence et des intérêts français. Le mot « investissement » apparaît ainsi 30 fois dans le texte, tandis que les mots « dictature » et « corruption » n’apparaissent jamais. Le mot « démocratie » est toujours cité pour souligner les avancées, jamais les manquements, alors que la France a soutenu et soutient encore des régimes autoritaires et/ou corrompus. Nos associations sont rassurées qu’une majorité des députés de la mission aient refusé de valider un texte qui fait fi du rôle joué par la France sur les plans politique, économique et militaire.


Toutefois, ce sursaut parlementaire ne sera salutaire que si la dynamique ainsi enclenchée permet d’aborder pleinement les sujets primordiaux qui caractérisent la relation entre la France et les pays africains. C’est pourquoi nos associations réitèrent leur désir de voir émerger de ce travail :


  • un regard critique sur le passé de ces relations. Un tel regard est en effet incontournable pour pouvoir formuler des recommandations solides. Une étude de cas pays (comme le Tchad, le Gabon, le Cameroun ou le Congo Brazzaville) semble indispensable pour aborder à la fois les aspects militaires, diplomatiques, monétaires (Franc CFA) et commerciaux. Le rôle des grandes entreprises françaises (Elf puis Total, Areva, Bouygues, Bolloré, ...) dans les relations diplomatiques doit être impérativement traité,

  • des propositions concrètes de réforme de la politique de la France en Afrique pour une politique transparente, contrôlée par le Parlement et soumise au débat public, fondée sur les principes du respect des droits de l’Homme, la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, et au service du développement socio-économique du continent. Nous insistons aussi sur la nécessité que les députés s’emparent des rares espaces de débats existant sur la politique extérieure et en particulier qu’ils pèsent de tout leur poids dans le débat sur la renégociation des accords de défense et exigent qu’un bilan des interventions et des accords passés soit réalisé,

  • une attention toute particulière envers les revendications portées par les sociétés civiles africaines ; la Plate-forme continuera d’insister pour que la mission rencontre des représentants de la société civile de plusieurs pays africains, ce qui n’a été fait qu’à de rares exceptions.

Afin que l’ensemble des propositions du rapport final puisse efficacement être mis en œuvre, il est primordial qu’un réel contrôle parlementaire et citoyen s’exerce en France et dans les pays africains, un contrôle démocratique qui passe par un soutien affirmé de la France aux processus démocratiques et de lutte contre la corruption, seule alternative imaginable aux régimes autoritaires et/ou corrompus.


La mission s’est donnée une deuxième chance, à charge maintenant aux députés de corriger le tir.


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[1] La plate-forme citoyenne France-Afrique regroupe une dizaine d’ONG françaises : ATTAC, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Cedetim/Ipam, Mouvement de la paix, Oxfam France - Agir ici, Peuples Solidaires, Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Antenne France), Secours Catholique / Caritas France, Survie.


[2] A l’occasion de cette audition, la Plate-forme citoyenne France-Afrique a émis un certain nombre de recommandations issues de son Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente (L’Harmattan), publié en novembre 2007.

10 juillet 2008.

Transparence International France et Sherpa relancent une plainte visant les biens mal acquis détenus en France par cinq dictateurs africains


Veuillez trouver ci-dessous le commmuniqué de presse des associations Transparence international (France) et Sherpa relatif au dépôt d’une nouvelle plainte visant plusieurs chefs d’Etat africains pour les biens (notamment immobiliers) qu’ils auraient acquis en France grâce au détournement d’argent public dans leur pays.


Survie se réjouit de voir qu’à la suite de la première plainte déposée par elle avec Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora en 2007, cette procédure est aujourd’hui relancée par des contribuables congolais et gabonais (qui peuvent se prévaloir d’un préjudice) ainsi que par Transparence International dont le mandat est spécifiquement la lutte contre la corruption.



Communiqué de Presse de Transparence International (France) et de l’Association Sherpa



TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) et l’Association SHERPA indiquent qu’a été déposée mercredi 9 juillet au Parquet de PARIS, une nouvelle plainte simple visant les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Messieurs Denis SASSOU NGUESSO, Omar BONGO, Téodoro OBIANG, Blaise COMPAORE, Eduardo DOS SANTOS ainsi que les membres de leur entourage.


Déposée par TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) et des ressortissants gabonais et congolais représentés par Maître William Bourdon, cette plainte vise exactement les mêmes faits que ceux dénoncés dans une plainte déposée l’année dernière par les associations SHERPA, Survie et la Fédération des Congolais de la Diaspora. Malgré les résultats très probants d’une première enquête préliminaire, cette dernière a fait l’objet d’un classement sans suite.


Le nouveau dispositif issu de la loi du 5 mars 2007 fait obligation aux nouveaux plaignants - qui envisagent par la suite de se constituer partie civile - de déposer une nouvelle plainte simple. Ceux-ci espèrent qu’une information judiciaire sera ouverte dans les plus brefs délais. En effet, la première enquête de police avait révélé l’existence d’un patrimoine considérable. La plupart des informations réunies dans la plainte initiale avaient en outre été confirmées.


Il n’y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n’a pu être acquis grâce aux seuls salaires et émoluments des personnes visés. Il existe de plus pour certains d’entre eux de très sérieuses présomptions d’être ou d’avoir été les instigateurs d’importants détournements de biens publics. Il appartiendra au Juge d’instruction de déterminer dans quelles conditions ce patrimoine immobilier a été acquis et celles dans lesquelles les très nombreux comptes bancaires identifiés par les services de police ont été alimentés. Il conviendra également de tirer toutes les conséquences du concours prêté par certains intermédiaires à la réalisation des opérations litigieuses.


TRANSPARENCE INTERNATIONAL (France) considère qu’il est urgent de faire progresser les droits à réparation des victimes de la corruption. La restitution des avoirs détournés par les dirigeants indélicats est l’une des toutes premières priorités de Transparency International qui a beaucoup œuvré pour que ce principe figure dans la convention des Nations unies contre la corruption (convention dite de Mérida, 2003). Les populations les plus défavorisés sont toujours les premières victimes de ces détournements.


La restitution des avoirs détournés constitue le chapitre de la convention autour duquel existe le plus fort consensus parmi les pays signataires, tant au Sud qu’au Nord. L’Etat français, qui a, à plusieurs reprises, réitéré son soutien à ce principe, doit s’assurer que l’argent de la corruption n’est pas recyclé au travers d’investissements réalisés sur son territoire.

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vendredi 4 juillet 2008, par Tv Bruits



Rencontre autour de la rebellion touareg

au Niger - Issouf ag MAHA


Pour mieux comprendre la situation politique du Niger et les enjeux de la guerre qui s’y déroule, Oxfam France - Agir ici et Survie Midi Pyrénées ont invité (le 28 mai 2008), à la librairie Terra Nova à Toulouse, Issouf Ag MAHA, ancien maire de Tchirozérine (située au nord d’Agadez) et chargé de la communication Cellule Politique du Mouvement Nigérien pour la justice (MNJ) en Europe. Il nous parle des raisons de cette nouvelle révolte qui a repris depuis plus d’un an dans l’indifférence générale des gouvernements et des médias internationaux.


Depuis février 2007, le nord du Niger est le théâtre de graves affrontements opposant le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) au pouvoir central.  L’état d’urgence a été décrété en août 2007 dans la région d’Agadez et sans cesse reconduit donnant ainsi les pleins pouvoirs à l’armée : exécutions sommaires ciblées, arrestations arbitraires, destruction des moyens de subsistance des nomades, populations déplacées, ONG interdites, et, radio et presse muselées sur l’ensemble du Niger.


Issouf MAHA nous interpelle aussi sur les conditions dans lesquelles la France, par le biais de la société nucléaire Areva, exploite leur terre depuis 40 ans pour y retirer l’uranium. Un dossier chaud puisqu’il s’agit de la politique énergétique de la France et de ses ventes à travers le monde d’EPR.


Aujourd’hui environ 150 concessions pour exploité l’uranium ont été vendues à différents pays, sur une superficie qui représente deux fois l’Aquitaine. Pollution (radioactive) et destruction, d’une économie, de toute une culture dans cette région du Nord Niger. Une bonne partie des centrales nucléaires françaises est alimentée par l’uranium du Niger.

Issoug ag Maha est auteur du livre "Touareg du XXIe siècle", paru aux éditions Grandvaux.


Pour voir le film avec le lecteur flash, 31’16’’ :


Page issue de:http://tvbruits.org/spip.php?article977

Pour en savoir plus :

Le site du MNJ

Collectif Tchinaghen

Billets d'Afrique et d'ailleurs:n° 171 (juillet août 2008)


Salauds de pauvres (Edito)


Le parlement européen vient d’adopter, le 18 juin 2008, ce qu’on appelle la « directive de la honte ». Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale on légalise des pratiques directement attentatoires aux droits de l’homme. En France, la lutte contre les migrants a été le point du programme politique de Nicolas Sarkozy qui a le plus contribué à son élection à la présidence de la République. C’est aussi le point qu’il a mis le plus de zèle à mettre en œuvre par la création d’un ministère de l’immigration confié à Brice Hortefeux. Dénommé également ministère de l’identité nationale, ce qui n’a pas empêché un certain nombre de personnalités dites « de gauche » ou spécialisées dans les droits de l’homme de collaborer au gouvernement qui a instauré une appellation aussi douteuse, ce ministère et son titulaire s’illustrent depuis un an par des pratiques et des déclarations scandaleuses qui ne scandalisent pas grand monde, démontrant le caractère illusoire des grands principes invoqués à tort et à travers dans les discours.


Brice Hortefeux n’a pas fait pas mystère de sa volonté de s’attaquer aux droits de la famille, s’agissant des migrants. Depuis un an, chaque jour apporte des exemples d’atteintes à la famille et à la personne : épouses ou époux, pères ou mères arrachés à leurs proches à leur domicile et à leur travail. Comble de l’hypocrisie on prétend protéger les enfants en les mettant en détention avec leur famille et en les expulsant du territoire auquel ils ont droit. La volonté de « faire du chiffre » a mis en pleine lumière la stigmatisation de gens vivant normalement, parfaitement intégrés par la langue, les liens familiaux et l’activité, mais qui n’ont pas la bonne couleur de peau et qui deviennent de ce fait indésirables. Un dérapage verbal lors de l’émission Capital du 25 novembre 2007, a même vu Brice Hortefeux suggérer que les étrangers sans papiers ne seraient pas des « citoyens honnêtes et propres ». La vidéo de cette émission a été censurée sur le net. Le même Hortefeux défend l’appellation « français de souche », qui devrait normalement être proscrite, contre toute atteinte qui pourrait la ridiculiser.

Si des naïfs peuvent croire aux bonnes intentions de Brice Hortefeux qui affirme que son action vise à protéger la population française ou même celle, de plus en plus triée sur le volet, qui vit en France, contre la venue des indésirables, on ne peut que s’interroger sur la complaisance qu’il montre à l’égard des pouvoirs qui, par leur incurie notoire jamais sanctionnée, sont directement à l’origine de l’exil de leurs concitoyens. Comment se fait-il qu’il accepte de s’exhiber dans la célébration de la fête nationale du Cameroun le 20 mai, aux côtés du dictateur local, qui, il y a quelques semaines, faisait tirer sur sa population révoltée, et de se faire décorer par lui en grande pompe. Toute cette mascarade avait pour but d’obtenir sa collaboration dans les mesures de réadmission et d’interdiction de sortie visant les indésirables. On ne peut que constater que la seule politique mise en œuvre à l’égard de populations privées de tous droits, où qu’elle soient, consiste à les parquer de force en subventionnant leur garde-chiourme et non à lutter contre les causes des migrations qu’on prétend déplorer.


Le secret, bien gardé, de cette situation qui nous oblige, à notre corps défendant, à transgresser nos sacro-saints principes est que c’est grâce à la spoliation des populations africaines, maintenues sous le joug de pouvoirs complices, que nous pouvons avoir à la fois des milliardaires et un minimum de paix sociale. A cela, il n’est pas question de rien changer et toute la force nécessaire sera utilisée pour maintenir le statu quo.


Odile Tobner


Billets d’Afrique et d’ailleurs - n°171 - juillet-août 2008


Au sommaire de ce numéro



-  Mauritanie Le jeu dangereux du terrorisme

Si les réseaux salafistes mauritaniens liés à la branche d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (BAQMI) ont été démantelés après les attentats terroristes qui ont frappé le pays en décembre dernier, le terreau économique et social ayant permis leur éclosion demeure.


-  Algérie Le retour en force du religieux

Dans un contexte social catastrophique, le pouvoir algérien fait, une nouvelle fois, diversion avec la question religieuse.


-  France Les huit plaies d’Alain Joyandet

La France n’a pas fini de se déconsidérer après les propositions de son secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet. Entre portes ouvertes enfoncées et réaffirmation d’une politique calamiteuse pour l’Afrique, c’est un vrai programme de recolonisation qu’il a avancé.


-  Djibouti Une partie à quatre

Le récent conflit frontalier entre Djibouti et l’Erythrée révèle une stratégie complexe dans la Corne de l’Afrique. Quatres puissances y interviennent : la France, les Etats-Unis, l’Erythrée et l’Ethiopie.


-  Burkina Faso Les faux habits de Blaise

Comment l’association de l’amitié franco-burkinabé présidée par l’ancien « monsieur Afrique » de François Mitterrand, Guy Penne, se démène pour donner un visage respectable à Blaise Compaoré.


-  Mali Trains facultatifs

Au Mali, comme ailleurs, il ne fait pas bon dénoncer la destruction des services publics. La récente arrestation de Tiecoura Traoré, ingénieur ferroviaire et syndicaliste du rail malien en témoigne.


-  France Nigeria Une coopération à courte vue

A l’occasion de la visite à Paris, le 12 juin dernier, du président nigerian Umaru Yar’adua, la France et le Nigeria ont signé un partenariat stratégique. Une coopération qui concernera sept secteurs prioritaires : pétrole, gaz et énergie, transports, sécurité, agriculture, éducation et environnement. Avec une préférence marquée pour le pétrole, le nucléaire et la sécurité.


-  Rwanda Jeu de dupes

Le rapport d’enquête rwandais sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi rwandais devrait être publié début juillet. Son contenu est devenu un élément des négociations secrètes que mènent Paris et Kigali.


-  A fleur de presse :

Au Tchad, « neutralité française » se dit « discrets mercenaires »


-  Brèves d’Afrique et d’ailleurs

-  Tête-à-tête nocif
-  Devinette congolaise...
-  Souvenir à gogos
-  La Chine attaque
-  Les fantasmes déferlent
-  Bongo s’énerve
-  Une libération pour mille
-  L’aide au développement... des paradis fiscaux !


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NOUVELOBS.COM | 02.07.2008 | 18:57


L'association Survie dénonce la visite de Bongo à l'Elysée



Pour l'association, la visite du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 41 ans, illustre le manque de cohérence de la diplomatie française puisque son homologue zimbabwéen Robert Mugabe est considéré comme "infréquentable" par Bernard Kouchner.

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, le 27 juillet 2007 à Libreville (c) AFP

L'association Survie dénonce mercredi 2 juillet dans un communiqué la visite à l'Elysée du président gabonais Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967. Nicolas Sarkozy a reçu son homologue à 14h30 à l'Elysée ce même jour. La structure, qui milite pour un assainissement des relations entre la France et l'Afrique, rappelle que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré lundi que le dictateur Robert Mugabe, à la tête du Zimbabwe, n'était pas "fréquentable".

"Considération d’intérêts particuliers"

La structure exige "que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats". L'association constate "une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers". L'association indique que le président gabonais a interdit de sortie de territoire Marc Ona Essangui le 6 juin dernier alors qu'il s'apprêtait s'envoler aux Etats-unis pour une conférence sur la transparence des contrats en Afrique.
Le communiqué rappelle également qu'Omar Bongo soutient Robert Mugabe, réélu le 27 juin président du Zimbabwe, sur un score de 90,2%. Le scrutin avait pourtant été boycotté par l'opposant Morgan Tsvangirai en raison des violences, alors qu'il était arrivé en tête au premier tour avec 47%. Le dirigeant gabonais a déclaré lundi en marge du 11e sommet de l'Union Africaine que Robert Mugabe "a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président".

Page issue de:
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20080702.OBS1224

Communiqué de Survie, le 2 juillet 2008


Bongo plus fréquentable que Mugabe

Prime à la Françafrique !



Aujourd’hui, 2 juillet, le Président français Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée le Président du Gabon, Omar Bongo. Ce dernier, interviewé par RFI en marge du 11ème Sommet de l’Union Africaine (qui s’est achevé hier en Egypte), vient de déclarer à propos du président zimbabwéen Robert Mugabe, dont l’élection est contestée par la communauté internationale en raison des violences qui l’ont accompagnée : « Il a été élu, il a prêté serment, il est là avec nous, alors il est président ; on ne peut pas lui demander plus. Ils ont fait des élections, je crois qu'il les a gagnées ». Bongo a ajouté « Les Africains sont capables de décider par eux-mêmes. Nous avons même accueilli Mugabe comme un héros ».

Ce soutien appuyé à Robert Mugabe vient probablement d’une solidarité entre présidents africains demeurant au pouvoir indéfiniment par tous les moyens, notamment des élections largement frauduleuses. Les exemples sont nombreux et le scandale le plus souvent passé sous silence quand il s’agit de l’aire francophone.

C’est donc avec intérêt que nous avons entendu le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’en prendre en termes exceptionnellement sévères, le dimanche 22 juin, à Robert Mugabe « qui se croit désigné par Dieu et que Dieu doit maintenir à son poste, [et] n’est rien qu’un escroc et un assassin ». Il a ajouté « nous sommes déterminés non seulement à ne pas accepter un résultat éventuel d’élection truquée, scandaleuse et sanglante, mais à tout faire pour s’opposer à M. Mugabe », désignant cette élection comme « le plus grand déni de démocratie que l’Afrique ait connu ».

Si pour donner la palme du déni de démocratie en Afrique nous pouvons hélas hésiter (tant les candidats sont nombreux dans l’histoire des dernières décennies, arrivés et maintenus au pouvoir par l’assassinat, le coup d’Etat, les élections truquées, les massacres), nous prenons acte que de tels personnages sont désormais déclarés « infréquentables » par le chef de la diplomatie française.

Nous exigeons que cette règle de morale s’applique sans exception avec la même vigueur à tous les potentats qui, jusqu’à présent, ont bénéficié de l’assentiment complice des dirigeants français.

On ne peut pas, en effet, dire tout et son contraire, suivant l’opportunité. Nous constatons une fois de plus que la politique africaine de la France est établie non sur des principes de morale politique bien définis mais sur la considération d’intérêts particuliers. En recevant aujourd’hui le président Bongo, soutien de M. Mugabe, alors que l’un des principaux responsables de la société civile gabonaise, Marc Ona, a récemment été empêché de se déplacer aux Etats-Unis du fait de sa liberté de parole dans la lutte contre la corruption dans son pays, le pouvoir français démontre à l’opinion africaine qu’il est d’autant plus attaché à la morale que ses intérêts sont le moins en jeu.

Nantes, du 2 au 5 juillet


Après l’économie solidaire en 2000, le développement durable en 2002, les droits économiques, sociaux et culturels en 2004 et le droit au développement en 2006, la prochaine Université d’été de la solidarité internationale proposera aux militants de se former et d’échanger sur la question des partenariats et alliances entre acteurs sociaux. Elle se déroulera à Nantes du 2 au 5 juillet 2008.

 Téléchargement du dépliant de présentation et d’inscription


Le thème de l'édition 2008 est "Quels partenariats pour quelles solidarités ?".

SURVIE, aux côtés de la plate-forme France-Afrique, est chef de file du module :
« Contre la Françafrique, un partenariat pour une réforme de la politique de la politique de la France en Afrique ».


Pendant les trois matinées du 3, 4 et 5 juillet, les thèmes de la démocratie et des droits de l’Homme, de la coopération militaire, des relations économiques entre la France et l’Afrique seront décortiquées par :


-des intervenants de la Plate-forme France Afrique :

Jean Merckaert (CCFD),

Fabrice Tarrit (Survie),

Richard Banégas (chercheur à Paris 1),

Grégoire Niaudet (Secours Catholique),

Raphaël Granvaud (Survie),

Sebastian Alzerreca (Survie)


-et des partenaires africains :

Delphine Dijraïbé (Tchad),

Gilbert Maoundonodji (Tchad),

Jean-Claude Katende (RDC),

Raphaël Kasongo (RDC)


Cette Université est ouverte à tous, nous vous y attendons !

C'est un lieu de formation, de réflexion et de débats stratégiques, mais aussi un espace d'échange et de convivialité entre personnes aspirant à un monde meilleur.

Le programme complet et toutes les informations sur cette Université d’été sont disponibles ici : http://universite2008.crid.asso.fr.

 

Juin 2008 Nouvelle Brochure de Survie.

Biens mal acquis des dictateurs africains en France.

L’association Survie publie une nouvelle brochure pédagogique qui décode les dessous de la criminalité économique de la Françafrique à travers les mécanismes des biens mal acquis. La restitution des fonds aux populations spoliées serait un signe fort pour tous ceux qui réclament une réforme de la politique de la France en Afrique.




Brochure de 52 pages, vendue 3€ (4,5€ avec les frais de port pour la France, autres destinations nous consulter) est disponible à Survie sur commande auprès d’Alexandre au 01 44 61 03 25 ou à alexandre.picheral(at)survie-france.org


Présentation :



« Bien mal acquis ne profite jamais », voudrait le proverbe. La réalité prouve le contraire. Les dictateurs et leurs familles profitent en toute impunité des milliards qu’ils ont volés dans les caisses publiques et placés à l’étranger. Ils érigent ainsi la corruption en horizon indépassable et signent la condamnation du développement économique de leurs pays qu’ils maintiennent dans la dictature.


Les soutiens étrangers dont bénéficient la plupart de ces dictateurs et l’opacité qui règne autour de l’acquisition de leurs biens immobiliers font des pays du Nord - et tout particulièrement la France - des complices, en toute connaissance de cause, de l’enrichissement personnel de « dictateurs amis » protégés au plus haut niveau.


C’est pour lutter contre cette criminalité économique que trois associations, dont Survie, ont porté plainte en 2007 contre plusieurs chefs d’Etats africains pour « recel de détournement d’argent public ». Véritable défi lancé au droit international, cette procédure judiciaire s’est trouvée confrontée à la raison d’Etat : l’enquête préliminaire a été classée sans suite, alors que les informations réunies permettaient l’ouverture d’une information judiciaire.


Une mise au placard qui révèle une décision éminemment politique et plonge la justice française dans les méandres de la Françafrique, en contradiction totale avec les engagements officiels de la France en faveur de la restitution des biens détournés.


Déterminée à ne pas laisser enterrer ce scandale, Survie entend poursuivre son travail en sensibilisant et interpellant sur le sujet.


Tel est l’objet de cette brochure qui, au moyen d’exemples concrets, propose le décryptage d’un enjeu majeur dans la lutte contre la corruption et l’impunité des dictateurs africains. Au-delà de la saisie des biens immobiliers et de leur restitution aux populations spoliées, il s’agit de mener un combat pour faire avancer la justice internationale en s’attaquant à la criminalité économique dont les relations franco-africaines se nourrissent voracement.


Sommaire :

1 Les biens mal acquis : quand l’argent public devient fortune personnelle
-  Les biens mal acquis... qu’est-ce que c’est ?
-  Les biens mal acquis : comment ça marche ?

2 Les biens mal acquis, symptômes d’une corruption qui ronge le développement
-  Un fléau contre le développement économique et démocratique
-  Palmarès des dictateurs kleptocrates : le face-à-face avec les populations

3 La France, une terre de refuge pour les biens mal acquis
-  La Françafrique : une criminalité économique organisée
-  Petit catalogue des biens mal acquis de la Françafrique
-  La perpétuation et la défense d’un système

4 Restituer les biens mal acquis : beaucoup de mots pour très peu d’actes
-  Un arsenal de textes juridiques : des tigres de papier ?
-  Les étapes vers la restitution : le parcours du combattant
-  Restituer les biens mal acquis, c’est possible

5 Mobilisés ensemble contre les biens mal acquis
-  Les mobilisations au Nord
-  Les mobilisations au Sud

6 Et moi... que puis-je faire ?

Téléchargez la présentation et le bon de commande

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Samedi 28 juin 08

 

AG de Survie Midi Pyrénées

 

Comme tous les ans, Survie Midi-Pyrénées organise son assemblée générale. C’est le moment des bilans de l’année passée, et des projets pour l’année suivante. Nous espérons également que cette assemblée générale soit un moment de rencontres et d’échanges, entre les personnes ayant participé activement à la vie de l’association, et celles qui se sont investies selon leurs possibilités et celles qui souhaiteraient s’impliquer l’année prochaine.

Les adhérents de Survie Midi Pyrénées sont invités pour ce temps fort de la vie de l’association.

 

survie.midipyrenees@free.fr       

25 juin 2008. Communiqué de presse de la plate forme citoyenne France Afrique


Indignation des ONG suite aux propos d’Alain Joyandet. Le profit est-il la seule ambition de la France en Afrique ?

 

Les ONG de la plate-forme citoyenne France-Afrique [1] s’indignent de la multiplication des dérapages verbaux du secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, qui démontrent une conception cynique et dévoyée de l’aide au développement.

 

Alain Joyandet a remplacé Jean-Marie Bockel au poste de secrétaire d’Etat à la Coopération il y a 3 mois, après que ce dernier ait été écarté de ce poste pour avoir voulu en finir avec la « Françafrique ». Depuis, il multiplie les déclarations à l’emporte-pièce. Des déclarations qui ont le mérite de la franchise, après des décennies d’hypocrisie, mais qui révèlent la véritable nature de l’aide française au développement. Il ressort clairement des propos d’Alain Joyandet une absence d’ambitions de la France en terme de solidarité internationale, puisque l’ « aide au développement » est mise au service exclusif des intérêts économiques et politiques de la France, notamment pour faire barrage à la Chine. Le développement des plus pauvres, la défense des droits et de la démocratie passeront après.

 

Plus grave encore, dans le prolongement du discours décrié de Nicolas Sarkozy à Dakar, le 27 juillet 2007, Alain Joyandet renvoie l’image d’une France qui méprise profondément l’Afrique et les Africains. Les propos du secrétaire d’Etat à la Coopération, qui s’apparente de plus en plus à un ministre du Commerce extérieur délégué à l’Afrique, ôtent toute crédibilité au discours de la France en matière de développement. Ceci est particulièrement grave à la veille d’une présidence française de l’Union européenne marquée par d’importantes échéances internationales pour le développement des pays du Sud (Conférence de l’OCDE à Accra sur l’efficacité de l’aide début septembre, Conférence des Nations unies à Doha sur le financement du développement fin novembre...).

 

Les organisations de la plate-forme citoyenne France-Afrique ont fait de la démocratie, du respect des droits de l’Homme et de la lutte contre la corruption les fondements d’une politique de la France en Afrique responsable et transparente qu’ils appellent de leurs voeux [2]. Elles s’offusquent aujourd’hui de voir ces thèmes majeurs absents des 8 propositions émises par Alain Joyandet lors de sa conférence de presse du 19 juin. Un « oubli » d’autant plus inquiétant que quelques semaines auparavant, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade avait décliné une demande d’audition de notre plateforme, en précisant que le secrétaire d’Etat à la Coopération serait l’interlocuteur des associations sur ces sujets.

 

L’abandon manifeste de ces principes par la diplomatie française, loin de n’être que du ressort des secrétaires d’Etat, s’inscrit dans la longue liste des renoncements du gouvernement français, et des compromissions avec les dictatures [3].

 

Malgré le discours rassurant tenu sur ce point par Alain Joyandet à nos associations quelques jours après sa nomination, cette succession de provocations et de dérapages présidentiels ou ministériels sont bien les signes d’une « rupture dans la rupture » avec la Françafrique. Si tant est que la volonté de rompre avec ce système ait jamais existé au sein de l’exécutif français. Les organisations des sociétés civiles françaises et africaines ne baissent pas les bras, et sont de plus en plus mobilisées sur ce thème.

 

Extraits des déclarations de A. Joyandet :

  • « L’implantation des entreprises françaises en Afrique est l’une de mes priorités », interview à lejdd.fr, 20 mai 2008.
  • « J’ai des convictions mais je veux aussi défendre notre pays et ses parts de marché », propos rapporté par lejdd.fr, 19 juin 2008.
  • [Le détournement d’argent public en Afrique ?] « Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (...) notre expression », interview à France 24, 20 juin 2008.
  • « Si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs », Interview à France 24, 20 juin 2008.
  • « Il ne faut pas qu’on se fasse prendre notre place par des puissances émergentes ». « On veut aider les Africains, mais il faut que cela nous rapporte », Interview à Libération, 24 juin 2008.
  • « J’ai créé ma première boîte à 24 ans, sans un rond, c’était bien plus compliqué de faire cela que de s’occuper de l’Afrique ! », interview à Libération le 24 juin 2008.
  • « C’est nous qui allons envoyer des cerveaux », réponse à France 24 le 20 juin 2008 suite à une question sur l’immigration choisie.

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[1] La plate-forme citoyenne France-Afrique regroupe une dizaine d’ONG françaises : ATTAC, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France), Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Cedetim/Ipam, Mouvement de la paix, Oxfam France - Agir ici, Peuples Solidaires, Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Antenne France), Secours Catholique / Caritas France, Survie

[2] La plateforme a publié en février sur ce thème un Livre Blanc assorti de nombreuses propositions qui ont été défendues devant l’Elysée, les cabinets ministériels, des parlementaires et la presse française et africaine.

[3] Visites à Omar Bongo, réception de Muhamar Kadhafi, rallonges budgétaires accordées au Congo de Denis Sassou Nguesso, sauvetage militaire du régime tchadien, enterrement d’une plainte visant les biens mal acquis de certains chefs d’Etat africains, etc.

VIDEO Foccart est mort, vive Joyandet
Néocolonialisme décomplexé à la française, par la cellule françafrique:
 www.cellulefrancafrique.org

Le nouveau secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet, refuse le terme "Françafrique" au motif qu’il daterait des années 60. Certes, l’épouvantail agité par Paris n’est plus le bloc soviétique, mais la Chine. A cette réserve près, le père du néocolonialisme français, Jacques Foccart, aurait pu tenir, mot pour mot, le même discours que le petit soldat africain de Sarkozy. Jugez-en plutôt.


La tête de Bockel tombée pour plaire à Bongo, Sarkozy a voulu le maire de Vesoul. Et on a le maire de Vesoul - pour paraphraser le grand Jacques. Deux semaines après sa nomination, le premier fait d’arme de Joyandet, que nous avions célébré gaiement, était prometteur : visite de courtoisie au mollah Omar pour le remercier d’avoir libéré la place.


3 mois après, Alain Joyandet présente son programme, qui tient en 8 chantiers pour l’Afrique. Huit confirmations que si Sarkozy a promis la rupture, eh ben... on l’aura pas.


Déjà, au cours de la conférence de presse, il fait peu de cas de la démocratie et du respect des libertés fondamentales par certains chefs d’Etats africains. Interrogé par un journaliste africain, il répond sans ambage : "Je porte le message d’une France attachée à la démocratie et à la transparence. Mais est-ce que cela doit être notre seule préoccupation ? Il ne faut pas faire de ces valeurs notre seule expression."


Sur France 24, quelques heures après, le secrétaire d’Etat Alain Joyandet nous offre un florilège de sa pensée et de ses projets pour l’Afrique. Continent, rappelons-le, qu’il a découvert il y a trois mois. La Cellule Françafrique en a sélectionné pour vous quelques extraits... pour vous mettre l’eau à la bouche :

 

- "le détournement d’argent public en Afrique ? Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (...) notre expression"
-  "c’est nous qui allons envoyer des cerveaux"
- "je souhaite plus d’influence française, j’ose le mot, plus d’influence française"
- "si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs"


OXFAM FRANCE - AGIR ICI  </